Précarité alimentaire : cette fois-ci, Episol et Agoraé sont restées ouvertes

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Mise à jour : 22/11/2020

Pendant le confinement du printemps, les deux principales épiceries sociales de l’agglomération de Grenoble, Episol et Agoraé avaient dû fermer. Cet automne, elles sont restées ouvertes et permettent à toutes les personnes en situation de précarité (pour Episol) et aux étudiants (pour Agoraé) d’accéder à des produits alimentaires à des prix nettement plus bas que ceux des autres magasins.
Il est nécessaire d’être inscrit préalablement pour pouvoir acheter les produits à Agoraé, ou pour pouvoir bénéficier des prix bas à Episol (qui est aussi un commerce de proximité ouvert à tous). Toutes les infos pratiques : ici.

Dans la lutte contre la précarité alimentaire, les épiceries sociales constituent des solutions à développer. Elles présentent notamment l’avantage de laisser à chaque personne le choix des produits qu’elle souhaite cuisiner et manger, contrairement aux aides sous la forme de colis alimentaires en nature. Elles permettent généralement aussi de différencier les prix des produits selon les revenus de chacun, ce qui rend possible alors l’accès à des produits autrement inaccessibles, comme certains produits frais ou les produits bio.
Cette question de la différenciation des prix et des modalités concrètes pour la réaliser est un des points abordés dans un récent rapport sur la précarité alimentaire. Ce rapport apporte des réflexions et présente de nombreuses actions concrètes pour lutter contre la précarité autrement que par des distributions de colis de produits.
Selon cette étude, l’enjeu est celui, plus général, de l’accès à une alimentation de qualité pour tous, et il s’inscrit dans la transition alimentaire en cours.
Le rapport est téléchargeable à partir de cette page. Un résumé de quatre pages est aussi disponible à partir de cette page.

 

Mieux comprendre la 5e transition alimentaire : un schéma-diaporama pour tous

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Depuis une vingtaine d’années, le terme transition alimentaire désigne les transformations en cours (et en jeu) dans les manières de produire, de vendre et de consommer les aliments, localement, en France et dans les pays du monde où le système alimentaire a été industrialisé au cours du XXe siècle.
Ces transformations sont locales, c’est-à-dire qu’elles se produisent à l’échelle non pas du pays entier, mais dans des territoires : une commune, un ensemble de communes, un département, ou bien un grand bassin de vie. Leur grand point commun est une profonde remise en cause des modes de production, de distribution et de consommation industriels.
Selon les historiens de l’alimentation, la transition qui est en cours serait la cinquième depuis les débuts de l’humanité. Lire la suite

Du lait de vache cru, bio, et en vrac ! Et surtout meilleur pour la santé ?

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Vous préférez le lait de vache cru ? Et vous êtes soucieux de produire le moins de déchets possible ?
A partir de cette semaine, le groupement d’achat Au Local propose, en vrac, du lait de vache cru, issu de l’agriculture biologique, d’une ferme de Laval-en-Belledonne. Il faut venir avec sa bouteille, parfaitement propre (les produits liquides en vrac posent plus de problèmes que les produits secs) ou en acheter une sur place.
Le prix est de 1,23 euros le litre, contre 1,95 pour le litre de lait cru bio déjà en bouteille.

La vente en vrac permet en effet de proposer, en circuit court, un prix assez bas pour un produit de grande qualité. Par comparaison, le litre de lait de vache cru et bio (avec bouteille consignée) d’une ferme de Sainte-Luce est à 1,90 euro à La Bonne Pioche. L’épicerie en ligne Oclico en vend à 2,10 euros le litre dans une bouteille en plastique et à 3,10 euros dans une bouteille en verre (dont 1 euro de consigne remboursable). Ce lait vient d’une ferme de Saint-Ondras.

Mais pouvoir boire du lait cru à un prix accessible est surtout bon pour sa santé. Tous les autres laits, non crus, issus des industries laitières, n’auraient pas de qualités nutritionnelles et pourraient même être mauvais pour la santé, pour les plus chauffés et transformés industriellement d’entre eux.
La question fait débat. Pour y réfléchir, la lecture de cet article est intéressante. Il défend la consommation de lait cru.

 

Quelle transition alimentaire ? La cinquième !

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De quelles transformations est-il question actuellement avec l’objectif de « transition alimentaire » ?
Durant ce Mois de la transition alimentaire, il est intéressant de s’intéresser à l’histoire des systèmes alimentaires, afin de mieux comprendre quelle « transition » est en jeu et en cours dans la région de Grenoble.

Selon les historiens de l’alimentation, la transition actuelle serait la cinquième. Elle s’inscrirait dans les transformations vers des modes de production, de distribution et de consommation plus écologiques.
Les quatre transitions précédentes ont commencé il y a environ 500 000 ans :
1. passage du cru au cuit, grâce à l’utilisation du feu pour la préparation des repas ;
2. invention de l’agriculture et de l’élevage (il y a 12 000 ans), avec la culture de certains végétaux et la domestication d’espèces animales ;
3. division du travail entre les agriculteurs, les artisans et les marchands (il y a 5000 ans), dans le contexte de l’apparition de grandes cités ;
4. industrialisation (à partir du milieu du XIXe siècle) de l’ensemble du système alimentaire.

La cinquième transition, en cours depuis une vingtaine d’années, est une remise en cause de l’industrialisation et de ses effets négatifs sur la santé des êtres humains, sur l’environnement naturel et sur l’économie.
Plusieurs scénarios sont possibles, selon Jean-Claude Rastoin, qui présente dans ce texte l’histoire des quatre transitions précédentes et les enjeux actuels.

Il résume ainsi la transformation en jeu : « L’humanité a vécu 5 transitions alimentaires depuis l’utilisation du feu. Elle se trouve au tournant entre la période agro-industrielle et un nouveau modèle en gestation : les systèmes alimentaires territorialisés, fondés sur la qualité totale des produits, l’agroécologie, la proximité, et la mutualisation des ressources, dans un objectif de développement durable. »

 

Comment sauver l’environnement des Alpes ? Un film documentaire sur les solutions locales

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Mise à jour : 27/10/2020 (changement du lien pour visionner en accès libre le film)

En juin dernier, le film Il faut sauver les Alpes ! a été primé au Green Deauville Awards. Ses auteurs sont Nicolas Plain, scientifique grenoblois, spécialiste du climat et de l’environnement, et Laurent Lichtenstein, réalisateur.
Ce documentaire scientifique, en accès libre ici, nous présente des solutions locales, tout en nous faisant découvrir les paysages alpins, ceux qui sont encore préservés et ceux qui sont déjà bien détériorés, filmés depuis le parapente de Nicolas Plain. Comme si vous étiez avec lui.
Concernant l’alimentation, le film présente les actions en faveur de la biodiversité menées par un apiculteur pour préserver les abeilles noires. Il fait aussi découvrir un système de co-livraison mis en place par 250 agriculteurs.

Si elles sont insuffisantes à elles seules pour arrêter la dégradation accélérée de la nature et de l’environnement, les initiatives locales que chaque habitant peut prendre ont des effets positifs immédiats. Seule une alliance des citoyens et des scientifiques, pour interpeller et convaincre les élus et les pouvoirs publics d’agir à plus grande échelle, permettra d’élaborer et de mettre en oeuvre des mesures plus globales concernant les industries, les transports et les systèmes de chauffage dans les vallées alpines. C’est un des buts de ce documentaire.

 

Jean Bouteille : une solution pour le liquide en vrac

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Dans le domaine de l’alimentation, la vente en vrac de liquides (jus de fruits, laits, vins, bières, huiles) pose plus de problèmes pratiques et d’hygiène que celle de l’épicerie sèche. Le client doit amener son contenant et les règles de conservation du produit acheté sont beaucoup plus strictes. Par exemple, un jus de fruit doit ensuite être conservé au frais et consommé rapidement.
A Grenoble, il n’est donc pas surprenant que le magasin La Bonne Pioche ne vende que très peu de boissons en vrac, seulement deux jus de fruits, qu’il est aussi possible d’acheter en cubi de 5 l.

Depuis quelques années, une solution a été mise au point par l’entreprise Jean Bouteille qui propose à la fois les contenants (des bouteilles réutilisables et consignées) et des produits.
Ce reportage présente l’entreprise à ses débuts et situe la nouveauté par rapport au problème de la consigne des bouteilles en France.
Cette entreprise de l’économie sociale et solidaire a été lancée dans le département du Nord et propose localement son modèle dans toute la France en visant toujours le circuit le plus court entre le magasin qui utilise ses bouteilles pour vendre du liquide en vrac, et la structure qui les lave.

A défaut d’une vente en vrac, le recours à la consigne de contenants en verre est aussi la voie utilisée, pour les laits et yaourts, dans les magasins spécialisés dans le zéro déchet. A La Bonne Pioche, du lait cru de vache est proposé dans ce conditionnement, en bouteille en verre avec bouchon en métal. Il s’agit de réutiliser et non pas de recycler les emballages quand il n’est pas possible de s’en passer.
L’alternative entre réutilisation ou recyclage est au centre de l’enjeu d’une économie plus circulaire et écologique.
En effet, faut-il plutôt utiliser des bouteilles consignées, et donc laver et réutiliser plusieurs fois la même bouteille ? Ou est-il préférable de recycler tous les contenants en verre utilisés une seule fois, afin de produire de nouveaux contenants ?
Pour réaliser la transition alimentaire, c’est bien la première option qui serait la plus écologique. Cette vidéo de la Fondation Hulot et du Réseau Consigne l’explique.

Pour suivre l’actualité de Jean Bouteille : https://fr-fr.facebook.com/jeanbouteille.concept

 

A découvrir : le vrac social et solidaire en circuits courts

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En complément de la présentation des trois types de commerces en vrac qui existent actuellement dans l’agglomération grenobloise (lire ici), il est intéressant de découvrir l’association VRAC mise en place à Lyon à partir de 2013 dans les quartiers populaires, et qui a essaimé aussi à Strasbourg, Bordeaux, Toulouse et Paris.
Un bailleur social de l’est de Lyon est à l’initiative du projet et plusieurs centres sociaux se sont ensuite impliqués.

VRAC signifie : Vers un Réseau d’Achat en commun. Il s’agit en effet de groupements d’achat. A Lyon, ils existent dans une quinzaine de quartiers. Ils permettent aux habitants d’accéder à des produits de qualité à un prix bas, car l’achat groupé en vrac permet :
– une limitation des coûts d’emballage ;
– l’achat de grosses quantités qui permet de négocier des prix plus bas ;
– la réduction du nombre d’intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs.

Les habitants sont impliqués dans le dispositif. Ils peuvent participer à la préparation des commandes mensuelles. Les produits concernent l’alimentaire, mais aussi des produits ménagers et d’hygiène. Ils sont locaux ou, à défaut, écologiques. Les références sont peu nombreuses, environ 70, pour Lyon, mais concernent des produits de base.

Cette vidéo présente le fonctionnement du réseau VRAC à Lyon et permet d’entendre des habitants impliqués.
Le Site du réseau national : https://vrac-asso.org/

 

Vrac et circuits courts : acheter en vrac, ce n’est pas toujours acheter local !

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Pendant le confinement, les épiceries grenobloises spécialisées dans la vente en vrac, c’est-à-dire sans pré-emballage, sont restées ouvertes. Comme tous les magasins de proximité, elles ont connu une forte affluence et ont su adapter leurs modes et espaces de vente à toutes les contraintes hygiéniques supplémentaires.

Ces magasins contribuent à la lutte contre le gaspillage de deux manières : grâce à l’absence d’emballages et par l’achat des quantités juste nécessaires pour le client. De ce point de vue, ils favorisent de nouvelles pratiques de consommation relevant de la transition alimentaire.
Pour autant, acheter en vrac, ce n’est pas toujours acheter local !  Les trois épiceries de Grenoble en sont bien l’exemple.

Ces magasins ouverts entre 2016 et 2018 constituent en effet trois modèles très différents de vente sans emballage.
Le premier ouvert en 2016, La Bonne Pioche, propose dans sa boutique du centre-ville une grande variété de produits essentiellement locaux et notamment des fruits et légumes de la région. Dans le contexte du confinement, elle a aussi mis en place un système de commande afin de pouvoir préparer dans de bonnes conditions d’hygiène les produits. Ce système va continuer d’exister après la pandémie afin de favoriser plusieurs types de circuits courts entre producteurs et consommateurs.
L’épicerie bio en ligne Aux Petits Grains propose depuis 2018 un autre modèle alternatif écologique : la vente en vrac dans des contenants consignés et livrés à vélo dans toute l’agglomération de Grenoble. Elle ne propose cependant aucun produits frais, mais s’approvisionne localement dans la mesure du possible.
Le fonctionnement de Day by Day, ouvert en 2017, est tout autre. Tous les magasins de ce réseau national sont fournis par une seule centrale d’achat et de logistique, située à Dreux, et fonctionnent selon des critères plus proches de ceux de la grande distribution que du modèle résilient des circuits courts. La distribution nécessite un transport de 600 km au minimum (la distance Dreux-Grenoble), auquel s’ajoutent les distances d’acheminement des produits jusqu’à Dreux.

Toutes les infos pratiques sur ces magasins : ici.

 

Dans le monde : la résilience des circuits courts, au Burkina Faso aussi

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Dans le domaine alimentaire, la mise en place de circuits courts entre les consommateurs et les producteurs est une des solutions les plus résilientes en cas de crise sanitaire et/ou économique. C’est une solution à la fois globale (car pertinente dans tous les pays du monde) et locale (pour sa réalisation), comme le montre cet article paru début mai dans le journal Le Monde à propos d’une ferme au Burkina Faso.
« Le coronavirus doit nous servir de leçon. On a trop forcé la nature, on subit déjà les effets du changement climatique. Il faut repenser local, nous ne pouvons plus dépendre de l’extérieur pour nous nourrir », explique Razack Belemgnegre, responsable de cette ferme.

« Le monde d’après » s’invente localement sur tous les continents.

 

Mieux comprendre : quels effets de la crise sanitaire sur le système alimentaire des pays industrialisés ?

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Cet article récent permet de mieux comprendre les différentes vulnérabilités du système alimentaire des pays industrialisés avec la pandémie. Ses auteurs sont Félix Lallemand et Arthur Grimonpont de l’association Les Greniers d’Abondance.

Il est urgent, selon eux, d’agir pour construire de nouveaux systèmes alimentaires, plus résilients.

Débat politique : quelle pertinence d’un revenu de base dans le contexte de crise actuelle ?

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Avec le confinement, la crise sanitaire s’est très vite transformée en une crise économique d’une ampleur au moins aussi grande que celle de 1929. Les fortes pertes de revenus de salariés et de travailleurs indépendants dans de nombreux secteurs professionnels ont contribué à réintroduire dans le débat politique la question d’un revenu de base pour chacun : un revenu minimum qui soit individuel et inconditionnel.

Rappelons qu’en France le revenu minimum qui existe depuis 2009, le RSA (c’était aussi le cas du RMI), n’est ni individuel, ni inconditionnel. Son éventuelle obtention et son montant dépendent en effet des ressources du foyer et de l’âge. Une seule personne par foyer le perçoit. Il est aussi conditionné à un ensemble de démarches et de devoirs.

De quel type de revenu de base est-il question ?
La journaliste Catherine Petillon, du Service économie de la rédaction de France Culture, a fait dans cet article la synthèse des différents types de revenu minimum proposés.
Ce texte montre combien cette idée est « portée par des courants aux généalogies idéologiques et aux projets politiques très différents ».

 

Mieux comprendre : en quoi la crise sanitaire actuelle est-elle d’abord une crise écologique ?

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Serge Morand est chercheur au CNRS, spécialiste des maladies infectieuses, et des liens entre biodiversité et santé.
Dans cette vidéo de 7 mn, il explique en quoi la pandémie actuelle :
– a ses origines dans une crise écologique ;
– devra être suivie, si nous voulons éviter de nouvelles épidémies, de changements écologiques.

Sa conclusion : « Remettre l’agriculture dans l’écologie et dans la société ».